Les femmes et l’entrepreneuriat

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La journée internationale de la femme a eu une résonance assourdissante dans les rues africaines en général et camerounaises en particulier. Comme d’habitude ! Tous les ans, l’histoire se répète, on achète un pagne qui n’a de sens que le 8 mars, on se retrouve entre copines et on rentre très souvent le 9, dans un état d’ivresse avancée et une sensation d’émancipation aveuglée par un taux d’alcoolémie au-dessus de la moyenne. Les entrepreneuses africaines, les vrais, célèbrent peut-être aussi, mais pensent plus à surmonter les obstacles qui se pourraient entraver leur réussite professionnelle. Voici quelques défis que rencontrent les femmes dans le domaine de l’entrepreneuriat.

Un sujet préoccupant !

Aujourd’hui, les femmes sont aussi susceptibles que les hommes de reconnaître les opportunités commerciales qui les entourent. En Afrique et dans la plupart des pays d’Asie, le taux de peur de la faillite des entreprises chez les femmes est égal ou inférieur à celui des hommes. Les femmes se considèrent comme de fortes innovatrices. Dans les pays en développement en particulier, les opportunités offertes par les femmes entrepreneurs contribuent à la croissance des marchés et à l’augmentation des perspectives d’emploi.

Mais malgré les progrès accomplis, le sujet est important pour la communauté du développement en raison des défis qui restent à relever et du fait que l’écart entre les sexes reste un phénomène mondial. Ce n’est pas un problème de pays en développement — c’est un problème mondial, car il n’y a qu’une dizaine de pays dans le monde où l’esprit d’entreprise est égal.

Défier les attentes sociales

La plupart des femmes-chefs d’entreprise qui ont participé à des événements de réseautage peuvent s’identifier à ce scénario : vous entrez dans un séminaire bondé et vous pouvez compter le nombre de femmes qui s’y trouvent sur une seule main. Lorsque les femmes entrepreneurs parlent affaires avec des cadres principalement masculins, cela peut être déconcertant.

 Dans ce genre de situation, les femmes peuvent avoir l’impression qu’elles doivent adopter une attitude stéréotypée « masculine » à l’égard des entreprises : compétitive, agressive et parfois trop dure. Mais les PDG féminines qui réussissent pensent que rester fidèle à soi-même et trouver sa propre voix sont les clés pour dépasser les attentes préconçues.

Lutter pour être pris au sérieux

À un moment ou à un autre, la plupart des femmes PDG se retrouvent dans une industrie ou un lieu de travail dominé par les hommes qui ne veulent pas reconnaître leur rôle de leader. En tant que femme-chef d’entreprise dans un secteur dominé par les hommes, gagner le respect a été une lutte.

Pour surmonter cela, il faut apprendre à renforcer sa confiance et à surmonter son discours négatif sur soi-même. Ces commentaires négatifs qui se sont accumulés dans votre tête vous empêchent d’atteindre votre plein potentiel.

Construire un réseau de soutien

Il n’est donc pas surprenant que 48 % des femmes fondatrices déclarent que le manque de conseillers et de mentors disponibles limite leur développement professionnel. Il n’est pas toujours facile de savoir où trouver le bon réseau de soutien. Parmi les bons points de départ, citons les événements de réseautage axés sur les femmes. En Afrique, ce type d’évènement est rare, alors pourquoi ne pas initier pareils évènements ?

Une fois que vous aurez trouvé votre réseau, n’ayez pas peur de leur demander ce dont vous avez vraiment besoin. Demandez et soyez claire sur ce dont vous avez besoin. On ne sait jamais qui a la capacité d’aider.

Équilibre entre famille et affaire

Les parents entrepreneurs ont une double responsabilité envers leurs entreprises et leurs familles ; trouver des moyens de consacrer du temps aux deux est la clé pour vraiment atteindre cet équilibre insaisissable entre vie professionnelle et vie privée. Trouver cet équilibre signifie quitter un emploi dans une entreprise et créer sa propre société avant la naissance de son premier enfant.

Pour les femmes africaines qui assument à merveille cette double casquette, il est clair que travailler pour soi-même donnera probablement toujours plus de liberté que de travailler pour quelqu’un d’autre.

Alors, avant le 8 mars prochain, demandez-vous plutôt si vous avez réussi à surmonter quelques-uns des obstacles susmentionnés. Car être une femme c’est bien, mais être un modèle, c’est mieux.