Les 5 pièges à éviter quand on monte sa boîte

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Fini les chefs pointilleux, les horaires contraignant, bonjour liberté, autonomie et créativité ! C’est souvent ce que les candidats à l’entreprenariat imaginent. La réalité est beaucoup moins rose et mieux vaut s’y être préparé. Le point sur les obstacles à prendre en compte avant de créer sa boite avec trois professionnels de l’accompagnement d’entrepreneurs.

 

1. VOULOIR CRÉER SON ENTREPRISE POUR DE MAUVAISES RAISONS

Un salarié sur trois rêve de se mettre à son compte, selon un sondage réalisé par l’Agence pour la création d’entreprise en février 2013. Le problème, pour Arnaud Brissart, conseiller pour l’agence Creapass, et Sylvaine Pascual, coach, c’est que beaucoup le font pour de mauvaises raisons.

2.SE PRÉCIPITER POUR CRÉER SON ENTREPRISE

« Le cas le plus courant, c’est qu’un créateur d’entreprise vient me voir, il a un client et veut vite se dépêcher de poser ses statuts pour pouvoir facturer », explique Arnaud Brissart. Attention danger ! Un client, ça ne suffit pas pour lancer une affaire, tous les professionnels de l’accompagnement insistent sur l’importance du business plan, avant de se lancer. « Et même avant le business plan, il faut au moins réaliser une étude de marché, une étude juridique et une étude financière pour s’assurer que son projet tient la route », tempère Arnaud Brissart.

Outre l’aspect technique de la création d’entreprise, il y a le risque de partir bille en tête, sans connaître la réalité d’un métier. « Une de mes clientes voulait se reconvertir dans la pâtisserie, car c’est sa passion. Après un stage de trois jours chez un professionnel, elle s’est aperçue que le métier est beaucoup plus physique qu’elle ne le pensait », se souvient Sylvaine Pascual.

Attention également à s’assurer qu’on dispose des bonnes compétences. S’il n’existe pas de portrait-robot type de l’entrepreneur, il est nécessaire de faire le point sur ses points forts et ses points faibles avant de se lancer. Sylvaine Pascual préfère prévenir les candidats à la création d’entreprise : « Les compétences commerciales peuvent s’acquérir relativement facilement grâce à des formations. Cela fonctionne bien quand on a pour ambition de vendre des produits. Par contre, quand on veut devenir consultant ou vendre ses prestations, c’est beaucoup plus complexe ».

3.S’ISOLER APRÈS LE LANCEMENT DE SON ACTIVITÉ

La solitude est l’un des pièges le plus courant pour un entrepreneur, « surtout chez ceux qui n’ont pas de chefs d’entreprise dans leur entourage et subissent une certaine incompréhension de la part de leurs proches », précise Sylvaine Pascual.

Arnaud Brissart, de Pôle Emploi, le reconnait : il n’existe pas de structure d’accompagnement pour les jeunes entrepreneurs. Il faut donc impérativement se prendre en main. « L’impératif, c’est de développer un réseau de pairs, d’autres entrepreneurs qui peuvent comprendre vos problèmes quotidiens », préconise Sylvaine Pascual. Béatrice Melin, coach et directrice du cabinet Alidade, recommande elle « de participer à au moins deux réseaux différents ». Il peut s’agir d’une association qui regroupe les professionnels d’un même métier, d’une chambre de commerce locale ou encore d’un réseau lié à un secteur d’activité.

4.MAL GÉRER SON TEMPS UNE FOIS DEVENU PATRON

La gestion du temps est primordiale pour un jeune entrepreneur. Le conseil de Sylvaine Pascual : « laisser s’exprimer le salarié qui est en vous ! » : en tant que salarié, vous saviez où étaient les limites entre travail et vie privé. N’hésitez pas à vous en souvenir. Créer son entreprise est une aventure prenante, mais il faut prendre garde à ne pas y sacrifier ses loisirs, le temps que l’on consacre à sa famille ou encore son sommeil.

5.MANQUER DE RECUL SUR SON PROJET

La tête dans le guidon. C’est en ces termes que vous risquez de qualifier votre état d’esprit pendant les premiers mois d’existence de votre entreprise. Et pourtant, être capable de prendre du recul par rapport à votre nouvelle activité est un élément clé pour réussir sa reconversion.

Cela passe, en amont, par un travail très précis et rigoureux avec des professionnels de l’accompagnement. Après le lancement, il faut se prendre en charge et s’accorder des temps « off ». « Je recommande aux personnes que je coache de consacrer régulièrement 20 minutes régulièrement à ne strictement rien faire ! Car c’est quand on ne réfléchit pas qu’on réfléchit le mieux », conclue Sylvaine Pascual.