INTERVIEW DE LA SEMAINE – Rencontre avec Franck NZOKOU, l’entrepreneur ambitieux.

0
222

Entreprendre.cm : Bonjour Monsieur, et merci de nous accorder cette interview.

Franck Nzokou : Bonjour, merci à vous.

Entreprendre.cm : Alors, qui est Franck Nzokou ?

Franck Nzokou : Je suis Franc NZOKOU, Entrepreneur et Promoteur de la société MAYA FOODS spécialisée dans l’agroalimentaire et MAYA MEDIA agence spécialisée dans le multimédia, studio photo/vidéo, création publicitaire, couverture d’évènements.

Entreprendre.cm : voulez-vous nous parler de vos études ?

Franck Nzokou : J’ai étudié au collège Jean Tabi ou j’ai obtenu mon Bac en 2005. Ensuite j’ai intégré l’université Catholique d’Afrique Centrale, et en 2010 je termine mes études supérieures avec un Master en Marketing et Stratégie.

Entreprendre.cm : vous avez parlé de votre entreprise, Maya. Qu’est-ce qui vous pousse à créer cette société ?

Franck Nzokou : J’ai démarré le fumage de viande le 27 mars 2017 à très petite échelle et après un test de 06 mois j’ai relevé quelques faits marquants :

a —L’activité de fumage dans notre environnement demeure très rudimentaire. C’est en général réalisé par des mamans à la maison.

b— Les produits proposés ont un taux de carbone trop élevé néfaste pour la santé à cause des techniques de fumage non maitrisées. Nous avons constaté l’usage de plusieurs pratiques dangereuses par exemples, des vêtements, du caoutchouc, du plastique, du bois de menuiserie comme combustibles pour fumer, du papier-ciment pour couvrir et emballer la viande.

c- L’offre de produits fumés en grande surface est déjà très limitée, mais en plus le conditionnement est très rudimentaire.

d- Absence d’un révérenciel sur le marché, d’un acteur qui exerce de façon professionnelle et dont la marque est reconnue. Plusieurs femmes recherchent des produits fumés, mais ne savent pas où en trouver.

Enteprendre.cm : Dites-nous-en plus svp…

Franck Nzokou : De manière générale, le secteur n’est pas professionnalisé et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de professionnaliser le métier du fumage des viandes et de nous positionner comme un acteur majeur qui va définir les standards de qualité dans ce secteur d’activité.

D’un autre côté, nous observons de plus en plus le développement de la classe moyenne dans les grandes villes ayant un mode de vie de plus en plus moderne, ayant des contraintes de temps plus importantes, et donc moins de temps à accorder à la cuisine comme par le passé. Ainsi, les femmes de la classe moyenne sont particulièrement favorables à l’offre de produit prêt à cuisiner.

Entreprendre.cm : impressionnant ! Mais pourquoi le nom Maya ?

Franck Nzokou : Maya est le nom de ma maman, une femme très entreprenante. Celle-ci avait pour projet de mettre sur pied un complexe d’élevage de poulets de chair intégrant un volet culture de maïs. Je m’étais approprié ce projet et lui avait donné le nom MAYA. Initialement, MAYA était un projet d’élevage qui n’a pas marché et nous l’avons orienté vers l’industrie agroalimentaire.

Entreprendre.cm : Il faut dire que le sang suit la veine. Alors, comment fumez-vous vos viandes et poissons ?

Franck Nzokou : Nous pratiquons un fumage à chaud c’est-à-dire entre 60 à 80 degrés. Cette technique permet de sécher la viande avec (30 % de perte d’eau), de la cuire à cœur tout en fumant. Le four utilisé a une capacité de 60 kg et dispose d’une plaque de séparation entre la source de chaleur et l’enceinte de fumage, ce qui évite l’exposition directe des flammes sur la viande et réduit ainsi le dépôt d’HAP (Hydrocarbures polycycliques aromatiques) sur la viande.

Le combustible utilisé est le charbon à 80 % et 20 % du bois naturel et non transformé. L’avantage du charbon par rapport au bois est qu’il est réduit la contamination en HAP, substance cancérigène. Toutefois, le bois reste tout de même nécessaire pour les exigences en termes de goût. En effet, toute la saveur tant recherchée par la clientèle provient des vertus aromatiques du bois.

Au final, l’innocuité du produit est garantie, ce dernier a une belle coloration, une belle texture et un goût savoureux.

Entreprendre.cm : là c’est l’expert en marketing qui parle. Mais comment se passe le conditionnement ?

Franck Nzokou : Nous avons 03 types de formats en termes de conditionnement :

– Un format en vrac c’est à dire, la viande emballée dans du papier aluminium dans un sac papier kraft estampillé maya pour les livraisons en direct dans les ménages. L’intérêt de ce type de packaging est de pouvoir proposer un produit qui est accessible en termes de prix. D’ailleurs, la ménagère ne veut pas payer plus à cause d’un conditionnement sophistiqué.

– Un format en conditionnement sous vide avec étiquette à destination des grandes surfaces. Ce conditionnement est particulièrement adapté pour la viande, car plus sécurisante, plus esthétique et augmente la durée de conservation du produit. L’oxygène nécessaire au développement microbien est ôté de l’emballage. L’intérêt de ce type de conditionnement est de faire concurrence à l’offre de produits étrangers qui se développe dans les rayons surgelés en grandes surfaces. Avec cette offre, nous visons une clientèle très sélective.

– Un format en gamelle recouvert de papier en carton avec branding mais qui n’est pas encore commercialisé.

Entreprendre.cm : vous êtes devenu un expert du domaine ! Mais qu’est-ce que vos produits ont de plus que les autres ?

Franck Nzokou : Notre goût est irrésistible grâce à notre savoir-faire particulier dans l’assaisonnement et la macération. Nos viandes sont fraiches et sélectionnées, le fumage est maitrisé et le produit sain. Le conditionnement est soigné et sécurisé.

Entreprendre.cm : est-ce que vous vivez déjà de cette activité ?

Franck Nzokou : honnêtement, je ne vis pas encore de l’activité. En fait, j’ai une équipe et j’ai préféré misé premièrement sur eux, me rassurer qu’ils vivent de l’activité. Lorsque les quantités augmenteront, il est évident que je pourrai rémunérer aisément mon travail.

Entreprendre : avez-vous des partenaires à l’étranger ?

Franck Nzokou : Non, pas encore. Mais nous sommes à la recherche de potentiels partenaires et de nouveaux débouchés en Europe ou ailleurs.

Entreprendre.cm : Quel message voulez-vous passer à la jeunesse camerounaise ?

Franck Nzokou : L’environnement certes est très rude et la création d’entreprises est un parcours semé d’embuches qui semblent ne jamais cesser. Toutefois, c’est dans les environnements difficiles que se révèlent aussi de nombreuses opportunités. Quelqu’un a dit que les roses poussent très bien sur les selles. Une manière de dire que nous devons être très créatifs et tirer notre épingle du jeu.

Entreprendre.cm : Merci M. Nzokou pour ces informations, et merci d’être un exemple pour les jeunes. Félicitations !

Franck Nzokou : Merci à vous et merci surtout pour votre travail et votre dynamisme auprès des jeunes entrepreneurs.