Cameroun: Rencontre avec le jeune et talenteux écrivain Kaane Emmanuel

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Vous et votre parcours 

Je me nomme KAANE Emmanuel Philibert, j’ai 27 ans. Je suis un jeune écrivain Camerounais. Je suis en parallèle enseignant vacataire d’anglais dans des établissements secondaires privés de Yaoundé au Cameroun, fonction que j’occupe depuis mes 21 ans et que j’ai débuté après ma licence pour financer mes études. Je suis titulaire d’un Master 2 en lettre obtenu à l’Université de Yaoundé 1.  

Comment êtes-vous arriver dans le monde l’écriture ?

Je suis orphelin et issu d’une famille modeste. Il a donc fallu trouvé très tôt trouver une activité complémentaire pour subvenir à mes besoins et ceux de ma famille. Etant diplômé de lettres et grand amoureux de la littérature française le choix de l’écriture a été évident. C’était une façon pour moi de joindre l’utile à l’agréable. 

Quelles sont les activités et tâches principales d’un jeune écrivain comme vous?

Régulièrement je dois échanger avec l’éditeur, faire la promotion de mes ouvrages, contacter des personnes qui pourraient être intéressées par ce que je propose (le cas spécifique des journalistes). Le but étant de ce faire connaitre par le plus grand monde et ce n’est pas chose facile. Je dois être présent sur les réseaux sociaux, aller dans les salons littéraires, faire la promotion auprès des amis et de la famille…

Concernant l’écriture en elle même. Un seul mot le calme et l’isolement. Pour pouvoir écrire j’ai besoin de m’isoler du monde et d’être dans un endroit hyper calme. Lorsque mon emploi de temps me le permet j’enchaine facilement  8 à 9 heures de temps par jour tout seul dans mon coin à réfléchir et écrire.

Quelles sont les tâches plus secondaires ou occasionnelles?

La lecture d’autres auteurs qui ont abondé dans la même thématique. La lecture des « success stories » dans le domaine de l’écriture tout afin de s’en inspirer. Je suis un grand fan de James Patterson, J.K Rowlings qui sont sont des sources d’inspiration. Une autre tâche non des moindres est la relecture de son propre ouvrage. La relecture des objectifs.

Quel est votre objectif dans l’écriture ?

J’ai placé la barre énormément haute, j’espère un jour pouvoir attendre un million de lecteur à travers le monde entier (sourire). On n’en n’est encore très loin. Juste 5 lecteurs (personnes ayant acheté un livre) pour le moment, mais je garde la foi (sourire).

 Quelles sont les conditions d’exercice ?

L’environnement n’est pas trop propice en Afrique. On a coutume de dire que les Africains lisent peu, c’est malheureusement la triste réalité au Cameroun. Ce n’est pas facile pour les écrivains de se faire connaitre et pouvoir vendre leurs livres et vivre de ça. Les gens ne sont tout simplement pas intéressés la grande majorité. J’ai été très impressionné par la commande de mes ouvrages au niveau des librairies européennes, mais ici en Afrique c’est difficile. Pire pour un jeune auteur inconnu qui débute sans moyen. Difficile donc dans ce contexte d’en faire un véritable métier. Il y’a énormément de travail à faire pour sensibiliser les jeunes en Afrique à la lecture. L’intérêt des gens ici c’est pour la musique et le sport, pas encore pour l’écriture, mais je reste optimiste ça viendra (sourire)

Comment gérez-vous la conciliation entre vie personnelle et écriture?

Je gère très bien cette conciliation. La grande difficulté c’est de la gestion de mon planning avec mes différentes casquettes: Enseignant dans 8 salles de classes, chef de département, correspondant pédagogique, professeur titulaire, écrivain, auteur de trois ouvrages à suivre sur le plan international, symboliquement père de famille en tant que homonyme de mon feu père. J’ai donc des personnes que j’ai l’obligation d’aider sur le plan matériel. A cet effet,  j’avoue que cela n’est pas toujours évident vue que moi-même je ne gagne pas grand-chose. D’un autre coté, je dois créer. Mettre sur pied de belles œuvres littéraires qui vont marquer l’humanité. Bon, globalement j’arrive toujours à m’en sortir par la grâce de Dieu. Bien que la conciliation des deux aspects n’est pas toujours chose facile.

Quel temps consacrez-vous à l’administratif et au commercial ?

Les ¾ du temps je dirai. Quand je suis sur internet, c’est essentiellement pour trouver les partenaires pour mes ouvrages. Des partenaires qui pourraient aider à leurs commercialisations. Ceci  Même dans les milieux les plus insoupçonnés. Dernièrement encore j’envoyais une correspondance à l’agence française du Gabon, j’ai même écris à la Sorbonne à un moment donné. ( département de littérature française).

Comment avez-vous construit l’image de votre activité d’écrivain?

Je la construit tout doucement. Notamment à travers l’un des plus grands réseaux sociaux. Actuellement, chaque livre que je sors dispose d’une page Facebook. La dite page, communique régulièrement sur les nouveaux mouvements de mes livres. Le cas échéant, les commandes au niveau des librairies. D’un autre coté, je n’hésite pas à utiliser le bouche à oreille quand cela s’impose.

Quelles sont les compétences indispensables pour se lancer dans l’écriture ? 

Il faut avoir une bonne maitrise de la langue française. Etre avoir de l’inspiration (sourire). Avoir une bonne capacité d’interprétation des choses. Etre un homme (ou femme) concentré et focalisé sur les objectifs. Etre doué. Savoir briller par son originalité et son intelligence. demeurer naturelle. Croire en son propre style. Ne pas chercher à être un autre auteur. Rester sois même. Suivre le courant de son inspiration tout en veillant sur le respect de l’éthique. Etre passionné par l’écriture et la lecture. Avoir une grande capacité d’analyse. Etre doué, passionné et Amoureux de l’écriture en résumé, je dirai.

Quels sont les contraintes, les risques, les inconvénients de l’écriture ?

Le stress! La grande débauche d’énergie sur le plan intellectuel. Les retombées financières qui ne viennent pas toujours tout de suite. Une mauvaise perception du métier (passe temps, hobby pour certains, folie pour d’autres). Une mauvaise interprétation de sa pensée par des tiers.  L’étiquetage. Le risque de se faire voler une création quand on n’a pas encore un nom.

Comment les gérez-vous ?

Parfois avec anxiété, des fois avec philosophie. Comme le dit l’artiste kery james, « j’échoue, mais j’essaie » (sourire).

Qu’aimez-vous le plus dans l’écriture ?

La liberté de créer. De donner vie à mes idées. D’impacter le quotidien des gens. De toucher à des kilomètres des personnes avec qui je n’ai aucun rapport sur le plan physique. La possibilité de redonner de l’espoir.  La possibilité de m’ériger en l’autre par le truchement de mes écrits.  L’aptitude d’avoir la possibilité d’être toi et moi en même temps. Tout cela relève d’une chose : la puissance de l’écriture.

Qu’est-ce que vous aimez moins ? 

La solitude! Le fait de l’avoir comme conseiller. Au faite, toute entreprise nait d’abord dans l’esprit d’un Homme. Ceci individuellement, Avant d’éventuellement grandir. Mes livres n’échappent pas à cette règle. On est toujours seule au départ dans le processus de création. Ceci dit, je n’apprécie pas trop cette solitude.

Des conseils à ceux qui veulent se lancer dans l’écriture ?

J’ai envie de leur souhaiter beaucoup de courage. C’est la meilleure voie. Surtout qu’ils cultivent la patience car les résultats ne viendront pas tout de suite. De leur dire d’être dynamique et d’avoir une vision. Mais surtout d’avoir la foi en ce que l’on fait. Ne pas chercher à devenir riche tout de suite

Où peut-on commander et consulter vos livres ?

balade littéraire: recueil littéraire de 103 textes, disponible en ligne ici, Page Facebook

Effluves: recueil de pensées de 71 pages, disponible en ligne ici, Page Facebook

L’approche par compétences dans le processus d’évaluation: essai pédagogique de 54 pages (Pas encore disponible en ligne)

Comment vous contacter ?

Email: kaaneemmanuelphilibert@yahoo.fr, Tel:(+237) 676534657, Adresse Postale: Kaane Emmanuel Philibert S/C Ngo Nguimbous Sophie BP 16326  imsofer-Yaounde