Cameroun: Récit sur la situation honteuse que subissent les médecins

Face à l'injustice et la mise en danger des vies des millions d'innocents on se doit de dénoncer ces abus... Récit sur la situation des médecins au Cameroun.

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Je passe par cette page parce que je sais le nombre de camerounais et surtout d’Africains qui te lisent tous les jours. Il est temps de faire entendre NOTRE voix, NOTRE cri.

Bon voilà je suis camerounaise, médecin depuis presque 4 ans. Notre profession au Cameroun souffre. On étouffe. Un médecin camerounais gagne 225.00O FCFA (340€) ou pas loin de salaire brut. Au Gabon à côté c’est plus du double, au Tchad encore plus. Et il faut attendre deux ans pour pouvoir toucher ce salaire quand on est à la fonction publique. Il doit y avoir un rappel. Mais pour avoir ce rappel il faut négocier ou abandonner une partie. Certains font plus de 4 ans parce ce qu’ils ne connaissent personne dans les ministères qui sont en charge. Après 7 ans d’études, parfois 12 voire 15 on mendie notre pitance.

En plus de ça on souffre de voir nos frères mourir chaque jour parce qu’on ne peut rien pour eux. Parce qu’on est obligés de leur dire qu’il faut de l’argent pour prendre des médicaments à la pharmacie alors qu’ils nous supplie de les sauver. Parfois ce n’est qu’un problème de quelques milliers de francs. Mais qu’on ne peut pas les aider ayant nous même à peine de quoi manger. Parce qu’ils se disent les médecins n’ont rien fait, ils l’ont laissé mourir. Comment payer des soins à un malade quand je n’ai moi même dans la poche que mon argent de taxi. Pourtant c’est nous qui sommes en face d’eux, c’est nous qui prenons les injures, les coups. Parce qu’ils ne comprennent pas qu’on ne peut nous même rien. Comment leur en vouloir. Ils sont dans la douleur et on a mal avec eux. Je suis moi même incapable d’acheter de bons médicaments à ma fille. Je dois compter sur les dons publicitaires des délégués médicaux. Si son père ne se battait pas pour nous je serai obligée de dépendre de mes parents. Si son père était un irresponsable je ne pourrai pas l’envoyer à l’école.

A ma dernière garde j’ai eu un malade qui saignait abondamment par la bouche. Il était seul à l’hôpital. Sans famille, sans numéro d’urgence. Il m’a supplié de le sauver. De lui mettre une perfusion. Sa famille allait payer le matin. Je suis nouvelle dans l’hôpital. Les infirmières m’ont dit que je pouvais prendre les médicaments à la pharmacie à ma décharge. Et payer si la famille ne le faisait pas. Je n’avais mois même que 3500 FCFA (5€) dans mes poches. Mon transport pour rentrer chez moi 2000 FCFA (3€) et mon repas. On a dû aller chercher sa famille en pleine nuit. Heureusement le garde malade d’un autre malade le connaissait. Il serait mort si personne ne connaissait sa maison.

Nous ne voulons plus de ça!

Des médecins camerounais ont crée un syndicat Le SYMEC (syndicat des Médecins Camerounais). On est en grève. Parce qu’on veut une couverture de santé universelle, on veut un meilleur plateau technique, du moins le minimum, on veut de meilleurs salaires. On ne veut plus mendier, on ne veut plus faire du n’importe quoi pour augmenter nos revenus, on ne veut plus être la cible se la population.
Seulement l’état camerounais veut nous effacer, veut nous éteindre. Une première phase de la grève a eu lieu le mois passé. Le Ministre de la santé a discrédité le SYMEC et a dit qu’il n’y avait pas eu grève mais elle a eu lieu.
Le deuxième phase a lieu les 15, 16, et 17 mai prochain. Le Ministre de la Santé (qui par ailleurs n’aurait pas reçu une formation de médecin) a fait affecté 4 dirigeants (tous des spécialistes) du syndicat dans les centre de santé où leurs compétences ne seront pas utilisés soit faute de malades soit faute de plateau technique. Ceci dans le but de les affaiblir. Toujours le MINSANTE ou l’État a fait annuler plusieurs passages à la télé du SYMEC.

Nous voulons aujourd’hui que le monde soit au courant. On veut avancer, on veut se battre, on doit se battre. Beaucoup vont en payer le prix mais nous ne devons pas les abandonner. C’est pour nos frères, nos sœurs, nos familles, surtout nos enfants. Reprenons notre destin en main. Ne laissons plus faire ces abus.

SVP partagez le plus possible que les monde ait les yeux braqués sur le Cameroun, sur notre Afrique en miniature. Voyons s’ils vont continuer leurs abus à la vue de tous.