Aliko Dangote, l’Africain le plus riche du monde

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Aliko Dangote, fondateur et patron du groupe du même nom. Sa fortune est estimée à plus de 25 milliards de dollars

Aliko Dangoté est l’homme Africain le plus riche au monde et était classé 23ième fortune mondial au dernier classement Forbes. Il débute dans le monde des affaires en 1977 grâce à un apport de son oncle de 500 000 nairas et 3 camions de ciments provenant de son grand-père et d’un prêt remboursable sur deux ans

Le ciment étant un bien rare et cher à l’époque dans le pays, son entreprise se développe très rapidement pour devenir « Dangote Cement »

Génèse de l’empire Dangote…

Issu d’une famille commerçante de Kano, dans le Nord du Nigeria, le jeune Aliko met rapidement à l’épreuve son sens des affaires. En 1977, la vingtaine à peine entamée, son oncle lui prête 500 000 nairas – environ 2300 euros – et lui offre trois camions de dix tonnes pour vendre du ciment, une matière alors rare et chère sur le continent. Une fois le business lancé, Aliko prospère : un camion rapporte 1400 nairas par jour, et le prêt est rapidement remboursé.

Diversification des activités…

Mais c’est vraiment au tournant des années 80 que l’empire s’étend. Inspiré par le modèle industriel brésilien, il se lance dans l’industrie. Son groupe construit une raffinerie de sucre et une usine d’emballage pour les pâtes alimentaires que le groupe importe au Nigéria.  D’abord parce qu’il diversifie ses activités commerciales en créant en mai 1981 le Dangote Group, qui se lance progressivement à l’assaut de Lagos, la capitale économique du pays. Ensuite parce qu’il profite dès 1983 de l’arrivée au pouvoir de la junte militaire, qui emprisonne de nombreux concurrents pour corruption. Surfant sur l’aubaine, Aliko investit dans les marchés laissés vacants, notamment dans le secteur alimentaire. Et qu’importe, au final, si sa collusion avec la junte lui sera longtemps reprochée, tout comme sa proximité avec le président Olusegun Obasanjo, dont il a financé la réélection en 2003.

Ré-Investissement des bénéfices plutôt que …

La suite, c’est une montée en puissance jamais démentie de son groupe, couronnée par un voyage décisif en Amérique du Sud, en 1999 : « Je pensais que le Brésil et le Nigeria se situaient à peu près au même niveau, parce qu’à cette époque, on entendait dire que le Brésil était une nation très endettée. Mais quand j’y suis allé, j’ai découvert une industrialisation massive. Incroyable. J’ai commencé à réfléchir en me disant « Comment se fait-il qu’il y ait un tel développement de l’industrie au Brésil et pas au Nigeria ? » À mon retour, j’ai décidé de me lancer dans l’industrie.  » Fini le commerce, place aux usines. Sans délaisser le ciment, le conglomérat s’implante peu à peu dans d’autres secteurs comme le gaz, le textile ou le transport. Avec, à chaque fois, les mêmes principes martelés : « Réinvestir ses profits dans le pays au lieu de cacher l’argent dans des coffres suisses, mener un train de vie modeste et tout miser sur le marché intérieur du pays le plus peuplé d’Afrique. »

Futur = Arsenal ?

Fort de ses soutiens politiques, réputé philanthrope, Aliko Dangote a surmonté tous les obstacles et survécu à toutes les affaires. Autant dire que les 1,3 milliard d’euros nécessaires au rachat d’Arsenal ne sont pas de nature à effrayer le nouveau roi du gazole. « Lorsque nous en aurons fini avec cette raffinerie, d’ailleurs nous sommes sur la bonne voie, je vais avoir assez de temps et de ressources suffisantes pour payer ce que me demande le board d’Arsenal » , a-t-il récemment indiqué à la BBC, avant d’ajouter, même si peu d’observateurs en doutent : « Je maîtrise parfaitement ma stratégie.  » Au contraire, visiblement, des décideurs londoniens, accusés par notre homme d’avoir des oursins dans les poches. En futur dirigeant milliardaire qui se respecte, Aliko Dangote a déjà quelques leçons à donner : « Les Gunners ont besoin d’une autre stratégie directionnelle. Ils ont besoin d’avoir davantage d’objectifs qu’en ce moment, où ils ne font que former des joueurs pour les vendre ensuite. » Stan Kroenke ferait bien de se méfier : au Nigeria, on n’a pas seulement du pétrole, on a aussi des idées.